Mon monde, mon âme et le reste

Mon monde, mon âme et le reste

N'ENTRE PAS DANS MON AME AVEC TES CHAUSSURES, de Paola Pigani

chau.png

 

L’éditeur :

Autour du feu, les hommes du clan ont le regard sombre en ce printemps 1940. Un décret interdit la libre circulation des nomades et les roulottes sont à l’arrêt. En temps de guerre, les Manouches sont considérés comme dangereux. D’ailleurs, la Kommandantur d’Angoulême va bientôt exiger que tous ceux de Charente soient rassemblés dans le camp des Alliers. Alba y entre avec les siens dans l’insouciance de l’enfance. À quatorze ans, elle est loin d’imaginer qu’elle passera là six longues années, rythmées par l’appel du matin, la soupe bleue à force d’être claire, le retour des hommes après leur journée de travail… C’est dans ce temps suspendu, loin des forêts et des chevaux, qu’elle deviendra femme au milieu de la folie des hommes. N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures, dit le proverbe: on n’entre pas impunément chez les Tsiganes, ni dans leur présent ni dans leur mémoire… Mais c’est d’un pas léger que Paola Pigani y pénètre. Et d’une voix libre et juste, elle fait revivre leur parole, leur douleur et leur fierté.

 

 

«Littérature française» Date de parution : 22-08-2013 14 x 21 cm - 224 pages

17,50 €

ISBN : 978-2-86746-693-9

 

Résumé:

Premier printemps après le début de la Seconde Guerre mondiale, un texte de loi interdit à la population tzigane le droit de se déplacer. Les roulottes sont au parking et les gitans surveillés comme le lait sur le feu. Cette population est si dangereuse que le préfet des Charentes va les parquer dans d’autres camps de la honte. Une sorte de mode de l’époque. Au milieu de ce rassemblement de la honte se trouvent Alba et les siens. Elle a quatorze et n’est plus totalement un enfant, mais demeure pourtant si innocente, insouciante et fraiche. Elle ne se doute même pas que son apprentissage vers l’âge adulte va se faire plus vite que prévu grâce et à cause des 6 années qu’elle va vivre dans ce campement. C’est au milieu du pire et parfois du meilleur qu’elle va devenir femme. La folie, la terreur, l’horreur et bien d’autres sentiments lui servant alors de compagnon de voyage.

 

Cet ouvrage est le premier roman de Paola PIGANI, qui habituellement écrivait plutôt des nouvelles et des poèmes. Cette habitude ayant fortement marqué le style de son écriture ce qui va provoquer une singularité intéressante à ce récit. Chacune des phrases est un cheminement vers la grâce. Les mots s’enchainent sublimement donnant des phrases pleines de tout. Le lecteur est littéralement plongé dans ce qu’il se passe avec une émotion grandissant au fil de l’écoulement des chapitres. C’est si prenant et émouvant que j’avais même un peu l’impression d’être autant lecteur qu’acteur de cette histoire.

Le style de l’auteur n’étant pas pour rien dans cette sensation enivrante et extatique.

 

En plus de cette forte émotion qui passe superbement bien des mots aux lecteurs, les décors sont si brillamment décrits que l’on a un peu l’impression d’être invité à être l’hôte d’une série de tableaux.

L’effort apporté pour la constitution des personnages est quelque chose qui est aussi proche de l’admirable. Une construction si dense, si précise, si organisée à quelque chose de quasi quantique.

Et puis en dehors de cette jolie histoire et de ce style admirable, c’est bien à un morceau d’histoire dont le lecteur est témoin. Car même si ce roman est une fiction, il s’inspire de faits qui ont véritablement existé et qu’il ne faut jamais oublier.  Absolument jamais.

La force de ces hommes et de ces hommes injustement humiliés et torturés est quelque chose dont il faut se servir surtout en ces moments où la société expose son côté le plus dure et sauvage.

Et comme ce roman est très riche, il propose une troisième lecture aussi intéressante que les autres, celle qui permet de découvrir la vie d’un peuple si injustement raillé. Car il est évident que tous les manouches du monde ne sont pas des détrousseurs de touristes. Ce livre permet aussi de présenter l’âme d’un peuple qui a beaucoup à transmettre et qui est d’une richesse exceptionnelle. Il y a beaucoup à apprendre de cette civilisation-là et notamment beaucoup de choses qui ont trait avec la sagesse.

Et ce j’ai découvert lors de cette lecture-là a été aussi merveilleux que le reste et je suis absolument convaincu que pour vous il en sera de même.

Le style est fin, tonique, percutant et toute la douceur qui doit se trouver dans ce genre d’histoire se fait vraiment bien sentir. Le lecteur est enveloppé par un climat qui va faciliter sa lecture et la libération de ses émotions.

Une vraie bonne surprise de cette rentrée littéraire et qui montre encore une fois que Liana LEVI est un éditeur qui sait y faire et respecter son public.

Un premier roman auquel il faut adhérer en le lisant et le partageant. Impatient de suivre les aventures de cette prometteuse romancière.

 

 

 

 

Et pour en lire un extrait...



21/02/2014
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 211 autres membres