Mon monde, mon âme et le reste

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Karl Kraus, Aphorismes. Dires et contre-dires

Blog de carlitablog :Tendance et Rêverie, Karl Kraus, Aphorismes. Dires et contre-dires

Ma lecture :

Les aphorismes quand ils proviennent de la bouche même des gens qui ont à dire sont des choses assez merveilleuses à lire et à entendre. Sur les femmes par exemple, notre auteur raconte tous les fantasmes de la société prussienne de la Belle Epoque et Dieu que le propos est succulent.

C’est une ode à la sensualité, à la grivoiserie, à la délicatesse et à toutes ces jolies choses qui animent le monde. L’homme est un séducteur c’est une évidence, d’un côté il se vante d’initier les femmes à l’amour pur et d’un autre côté il se transforme en véritable serviteur de la gente féminine.

Mais si avec la parole il se débrouille assez bien, que dire quand il s’aventure sur son terrain, la presse, la politique, l’écriture… Il se fait oppresseur des intellectuels de pacotille. Il trouve les mots parfaits pour faire comprendre plus encore qu’il ne dit.

Une sublimation de la parole par les mots et c’est fort appréciable surtout en lecture de chevet.

  

 

 
Présentation de l'éditeur Paru en 1909, ce volume rassemble les aphorismes de Karl Kraus (1874-1936) publiés dans son journal "Die Fackel". Partant de la femme et de la différence entre l'homme et la femme, ce recueil se conclut par un retour sur l'enfance. Entre les deux, il y a toute la panoplie du monde : la morale, l'érotisme, le christianisme, la presse, le théâtre, la politique, la bêtise, etc. A la fois système d'un monde et déconstruction du monde, ces textes révèlent le chatoiement de la pensée de Kraus : irritante et enthousiasmante, réactionnaire et progressiste, injuste et pertinente, impertinente toujours ! Contrairement à ce que laisse penser le mot "aphorisme" qui induit une pensée ramassée en quelques mots, on trouve dans ce recueil des réflexions qui font parfois plus d'une page, comme si Kraus se moquait lui-même du cadre qu'il se donnait : "L'aphorisme ne recouvre jamais la vérité ; il est soit une demi-vérité, soit une vérité et demie." On sent une pensée en gestation, résolue à ne pas se fixer sur une vérité unique mais cherchant l'équilibre du monde dans l'oscillation perpétuelle des choses. A chaque fois, Kraus a le courage de la question et l'audace de sa propre mise en question. Provocant jusqu'au bout des mots, il fait briller les zones d'ombre, qui estompent et détourent les vérités révélées.


02/01/2015
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