Mon monde, mon âme et le reste

Mon monde, mon âme et le reste

De la lecture à l'écriture-Chroniques littéraires (2000-2005) de J. M. Coetzee

De-la-lecture-a-l-ecriture-Chroniques-litteraires-2000-2005-de-J-M-Coetzee.jpg

Ces chroniques littéraires, rédigées lors de ces dix dernières années, son tune invitation aux voyages. On se promène sur l’ensemble des continents afin d’apercevoir que l’écriture est dépendante du contexte social, géographique, historique, culturel, politique…

Ce livre d’une haute érudition est écrit avec un style d’une pureté rare. Indispensable aussi pour découvrir certains auteurs sous un nouveau jour. Radicalement prenant. Il faut dire que l’on avait quand même quelques gages de qualitatifs importants. Un écrivain qui traite d’autres écrivains c’est la signification forte d’une connaissance pointue de la matière abordée. Les mauvaises langues diront : « il est vrai mais cela dépend aussi de l’écrivain ». Ce n’est pas faux mais depuis quand sur ce site on parle de mauvais écrivains ?

Blague à part, le fait d’être de la famille offre à celui qui analyse un regard d’une grande acuité. Et ceci autant sur les sujets observés que sur la partie qu’il livre de lui-même. Car oui, c’est le second intérêt fort d’être dans cette relation analyste-analysée, l’offrande de l’âme se fait doublement.

La première offrande étant celle donnée par le choix des auteurs abordés. Car en plus de montrer certains goûts, COETZEE va aborder de façon parallèle ses thèmes de prédilections : rapport en l’art et la politique, impact de l’érotisme sur les œuvres, éthique du roman…

Cette analyse et cette démonstration se fait à travers la présentation de 21 écrivains. Tous ces écrivains se séparent dans des blocs communs en fonction de la période, du pays ou du genre.

Le seul point commun étant que tout les écrivains abordés ont une réputation solidement installée.

La béatitude face à ses compatriotes n’est pas non plus de mise tant COETZEE a parfois la dent très dure envers ses collègues.  On retrouve la froideur si chère à notre auteur dans l’analyse qu’il nous livre ici.

Néanmoins son analyse est percutante dans le fond, une lucidité se dégage et il l’a partage avec nous. L’analyse qu’il fait du rapport du contexte à l’écriture est juste brillantissime.  Une façon de remettre le fameux débat à la mode dans la littérature : l’analyse d’un ouvrage doit t’il se faire en incluant le contexte ou seule le contenu de l’ouvrage doit il être considéré ? Pour COETZEE la réponse est évidente et son développement se trouve dans l’ouvrage dont il est question aujourd’hui.

A ajouter d’urgence à vos livres de chevet.

 

Résumé :

«La lecture apprend aussi, ce me semble, à écrire», pensait Madame de Sévigné. Ce recueil de chroniques littéraires et de préfaces rédigées au cours de la dernière décennie nous mène d'Europe centrale aux Amériques, du Japon en Afrique australe. J.M. Coetzee met en évidence l'importance du contexte historique, politique et culturel dans lequel chaque écrivain qu'il nous présente a composé ses ouvrages et cerne les «mécanismes internes» de l'acte d'écriture. Par-delà une érudition éblouissante, un intérêt marqué pour la langue et le style, on retrouve dans ces textes les préoccupations humanistes et esthétiques de l'auteur. Sans jamais recourir au jargon de la critique moderne, Coetzee nous fait découvrir des aspects cachés de l'œuvre d'auteurs célèbres - Walt Whitman, Samuel Beckett, William Faulkner, Günter Grass, Nadine Gordimer - ou redécouverts - Graham Greene, Hugo Claus, Sándor Márai, Joseph Roth. Ce voyage lucide d'un observateur perspicace et sans complaisance dans la littérature moderne est aussi, pour le lecteur, une invitation irrésistible à revisiter l'univers romanesque de ces écrivains.



14/04/2014
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Littérature & Poésie pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 213 autres membres